Une année dans la Vigne

Tout au long de l’année, la vigne et la vinification engagent le travail du vigneron et de la vigneronne. Nous noterons que l’année viticole, fiscalement, commence le 1er août et finit le 31 juillet de l’année suivante. Mise à jour de l’encépagement de l’exploitation viticole (arrachage ou plantations nouvelles de parcelles entière, mutations de parcelles) et déclaration de stock des volumes de vin en cave à cette date.

L'hiver

 

Avec les premières gelées les feuilles tombent, la sève redescend, le taillage peut commencer et peut être réalisé jusqu’à fin mars. La taille de la vigne permet d’équilibrer la croissance du cep et sa production de raisins.

 

 

 

 

 

taille vigne Guyot double

Dans le Chablisien pour le Chardonnay, c’est la taille dite Guyot double qui est traditionnelle (deux longs bois ou margottes de six/sept yeux plus un ou deux coursons de deux/trois yeux pour rajeunissement du pied).

Dans les autres secteurs viticoles de l’Yonne avec une densité de plantations à l’hectare plus importante, (10.000 pieds/ha) les cépages Pinot noir, Gamay, César, Sauvignon et même Chardonnay,  c’est la taille Guyot simple qui est appliquée avec une margotte de neuf/dix yeux plus un courson de deux/trois yeux pour les cépages blancs.

C’est en visualisant la vigueur de chaque pied de vigne que le tailleur détermine son choix du nombre d’yeux à garder.

Les sarments coupés sont soit brûlés dans le brûlot (fût métallique sur une brouette) soit broyés au sol et laissés à terre, ou broyés et ramassés pour être utilisés comme combustible.


Les sarments peuvent être ramassés manuellement et mis en bottes, ce sont les javelles.

Après la taille, il faut entretenir le palissage utile pour la tenue verticale de la végétation par la vérification des piquets et fils de fer.

En février-mars, le labour permet d’aérer la terre, d’éliminer les herbes adventices et d’enfouir les éléments nutritifs organiques ou minéraux (azote pour la pousse, acide phosphorique et magnésie pour la fructification, potasse pour la richesse en sucre). Le labour d’hiver, buttage-débuttage, est moins pratiqué ; il est remplacé par le griffage plus superficiel.

Le printemps

La nature se réveille et fin mars début avril, les bourgeons gonflent (débourrement) puis les feuilles apparaissent.

C’est le moment de remplacer les ceps manquants par le repiquage de plants racinés (chapons) et d’effectuer la plantation des vignes nouvelles.

De fin mars à début mai, c’est le baissage qui consiste à attacher les margottes horizontalement sur le fil fixe inférieur pour équilibrer et aérer le développement des futures grappes.

 Des bourgeons peuvent pousser sur le pied et le vieux bois : ce sont des gourmands que l’on appelle dans notre région des « essoumats » ; ils ne portent pas de raisins et sont éliminés par le travail de l’epamprage qui en patois local se nomme « essoumachage ».

Avec les pluies de printemps et les premiers orages, il faut protéger la vigne des attaques du mildiou et de l’oïdium par des traitements du feuillage avec des fongicides. Cette protection est maintenue jusqu’à la fin juillet début août selon les risques de contaminations.

A partir du débourrement la surveillance des éventuelles gelées de printemps s’effectue grâce à des stations météo informatisées installées dans le vignoble et consultables par téléphone portable. Différents moyens de protections peuvent être mis en œuvre, nous avons les chaufferettes au fuel, les bougies d’hydrocarbures solidifiés, l’aspersion d’eau, les hélices brasseuses d’air et nouvellement des câbles électriques chauffants.

 

Pendant les trois premières semaines du mois de juin, selon la précocité  de l’année, c’est la floraison de la vigne ou plutôt du raisin. Un dicton précise : « les vendanges commencent 100 jours après la fleur ». C’est tout à fait vrai pour le cépage Chardonnay. Ce délai peut varier de plus ou moins quelques jours selon les cépages, le porte-greffe choisit pour le greffage du pied, l’exposition de la parcelle ou la situation géographique du village.

L'été

La fleur aura permis de féconder, par beau temps pas trop chaud, chaque bouton floral, le raisin grossit et l’on atteint la fermeture de la grappe mi-juillet quand les baies sont grosses comme des petit-pois. Le raisin s’alourdit et prend sa forme de grappe pendillante. En raison de mauvaises conditions climatiques humides et froides, il peut ne pas y avoir de fécondation complète ; c’est le millerandage et la coulure. La véraison est effective début août quand les baies (grumes) deviennent plus transparentes pour les cépages blancs ou violacées pour les rouges.

Le murissement commence, les grappes se chargent en sucre et en arôme.

Les premiers écimages peuvent commencer juste avant la fleur et se poursuivre à plusieurs reprises au cours de l’été : ce sont les rognages.  Leurs rôles étant de concentrer la sève pour les fruits et de supprimer le jeune feuillage très sensible au mildiou jusqu’à la fin août. Début juin, c’est la période où l’on effectue le relevage de fils de fer pour maintenir la végétation verticale car la vigne pousse de façon anarchique. Ces fils mobiles sont accrochés aux pieux et resserrés par des agrafes : c’est le palissage. Le vigneron a la possibilité de procéder à l’effeuillage de la treille pour aérer les ceps si l’année est humide mais gare à la grillure des grappes par rayonnement solaire avec des températures supérieures à 40° C à l’ombre.

 

Les labours sont nécessaires pour détruire les herbes adventices complétés du désherbage manuel.

Les vignes qui sont de plus en plus enherbées dans l’inter-rang pour limiter l’érosion ; elles doivent être tondues selon les besoins.

Le mois d’août demande de la surveillance mais moins de travail manuel